Chronique Les Valises de Juan Carlos Mendez Guédez

Renaud Layet Librairie Série B (Toulouse)

Dans ce petit bijou d’équilibre tragi-comique, Juan Carlos MÉndez GuÉdez nous entraîne dans une Caracas gangrenée par la violence et plus encore par la corruption.

Près de son téléphone, le journaliste Donizetti garde le numéro d’urgence de la banque qui propose des crédits immédiats en cas de rançon à payer au beau milieu de la nuit. Voilà le monde, la ville dans laquelle il vit : des enlèvements, des braquages, des règlements de compte aussi aléatoires qu’incessants, et trop de morts par balle pour que son journal accepte encore ses articles sur le sujet. Cette Caracas violente jusqu’à l’absurde sera ici bien plus qu’un cadre : elle vit, respire, tue, et l’ébouriffante intrigue de ce roman, centrée sur les fameuses valises du titre, n’aurait pu se dérouler nulle part ailleurs. Elle est un personnage à part entière face à Donizetti et son ami d’enfance Manuel : de nombreux gangsters sans visages, des barbouzes interchangeables, des politiciens anonymes ne sont que des avatars de sa corruption. À cette violence déshumanisée, nos deux sympathiques laissés-pour-compte opposeront leur compassion, leur solidarité et, une fois poussés à bout, leur détermination ; car si leur vie est parfois tragique, souvent injuste, elle vaut quand même la peine qu’on se batte pour elle, et si on peut au passage mettre la main sur une valise remplie de billets, ma foi…

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