Chronique Planète vide de Clément Milian

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Anne-Sophie Rouveloux Librairie Royaumes (Paris 13e)

Dans un monde où la fragilité et la différence mènent au drame, Clément Milian prouve que l’imaginaire est une des réponses possibles à la violence.

Le jeune Patrice Gbemba n’a pas sa place au sein de la réalité. Le bus qui le dépose à l’école est une « bête » et ses camarades passent leur temps à l’humilier. En outre, Papa (c’est ainsi qu’on le surnomme) dérange car il est différent. Seuls comptent pour lui son livre d’astronomie et ses croquis. Un jour, le frère du dangereux Caïd (c’est ainsi qu’on l’appelle) s’en prend à lui et l’impensable se produit. Papa, devenu meurtrier, fuit le quartier qui l’a vu grandir. Il court vers les lumières de Paris. Mais les feux de la capitale s’avèrent dangereux et ses habitants hostiles. Papa, rongé par la culpabilité, se renferme sur lui-même et devient un enfant des rues. Le style concis de Clément Milian enfante des images percutantes. L’adolescent résiste en redessinant Paris, faisant de la cathédrale Notre-Dame un gigantesque vaisseau spatial. Le constat qui naît à la lecture de ce récit est sombre. Il incite à interroger notre place dans le monde. Mais il y a une énergie qui émane de Planète vide. Lorsque Papa se mêle à un groupe de punks, leur credo n’est pas No Future. Il est question de se battre, de se raccrocher à ses passions, d’avancer quoi qu’il en coûte. En plus de porter un message fort, il est évident qu’un premier roman aussi abouti laisse augurer le meilleur pour les prochains projets de l’auteur.

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