Dossier Mujirushi, t. 2 de Naoki Urasawa

Anne-Sophie Rouveloux Librairie L’Écriture (Vaucresson)

La collection Louvre-Futuropolis accueille un mangaka de renom, Naoki Urasawa, père des 20th Century Boys et de la saga Monster (Panini Manga et Kana). Si le cœur de l’action se déroule dans l’un des plus beaux musées du monde, l’intrigue nous entraîne également au Japon et joue avec plusieurs temporalités.

La jeune Kasumi se rend bien compte qu’il y a un problème avec son père. Après une fausse déclaration d’impôts, il se lance dans la fabrication de masques à l’effigie de Beverley Duncan, la candidate à la présidentielle américaine – qui, au passage, ressemble étrangement à Trump. L’affaire capote, son père se retrouve ruiné. Peu après, sa femme les abandonne. Les deux se ferment, attendant des jours meilleurs. Apparaît alors un corbeau, un message attaché à sa patte. Ce dernier va mener nos héros jusqu’à l’Institut de France où les attend Iyami, un drôle d’énergumène amoureux de la France, qui semble pourtant n’y avoir jamais posé les pieds. Pour les sortir de l’embarras, il propose de leur payer le voyage pour Paris, à condition qu’ils s’introduisent au Louvre. Une fois sur place, il s’agira de dérober un tableau, La Dentellière de Vermeer. L’œuvre sera cachée, le temps de vendre une copie à prix d’or avant de restituer l’original au musée. Méfiants, Kasumi et son père tentent néanmoins l’aventure. À Paris, ils font la connaissance de Michel, un pompier charismatique et sa grand-mère, chanteuse acharnée. Mais la détente ne dure pas. La machine est lancée, nos deux voleurs en herbe devront passer à l’action sans se faire attraper. Urasawa réussit à utiliser les codes de cette collection – visite du Louvre sous un angle différent, univers décalé, plein de fantaisie – en ouvrant l’histoire à d’autres lieux et d’autres temporalités. Si le cœur de l’action se situe bien sûr au Louvre, une bonne partie de l’intrigue se déroule à Tokyo, sur les traces d’un inspecteur décidé à piéger nos héros ou du côté d’Iyami, du jeune homme qu’il était, à l’escroc qu’il est devenu. Ce personnage, véritable icône de la culture pop japonaise, initialement créé en 1963 suscite le rire, comme plusieurs situations : ainsi cette cour du Louvre remplie de visiteurs portant des masques de l’affreuse candidate à la présidence américaine ! Urasawa n’oublie pas la tension dramatique puisque le « vol » du tableau est traité en un temps très court. Le mangaka pense même à introduire de nombreux clins d’œil à notre culture française, évoquant François Mitterrand ou encore Sylvie Vartan ! Avec un manga de si bonne facture, il ne fait aucun doute que la volonté de l’auteur qui souhaite que « la richesse et l’originalité de la bande dessinée japonaise puissent être un peu mieux perçues et comprises », se réalisera.

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