Chronique La Félicité du loup de Paolo Cognetti

  • Paolo Cognetti
  • Traduit de l’italien par Anita Rochedy
  • Coll. «La cosmopolite»
  • Stock
  • 01/09/2021
  • 216 p., 18.50 €

Cyrille Falisse Librairie Lo Païs (Draguignan)

Après un détour par New York, Paolo Cognetti, l’écrivain des sommets, revient avec un récit qui entremêle histoires d’amour et d’amitié dans la station de Fontana Fredda. La grâce de l’altitude.

Comme son créateur, Fausto, le personnage principal de La Félicité du loup, quitte Milan pour s’installer en montagne, à 1 800 mètres d’altitude. Fausto vient de se séparer. Il est écrivain à la ville, cuistot dans le seul restaurant de Fontana Fredda. L’établissement, tenu par l’élégante et mystérieuse Babette, sert de piste à une ronde des sentiments. Parmi les habitués, le vieux loup local, Santorso, celui qui fait corps avec les lieux, qui se fond. À la suite d’une longue errance, une solitude âpre, Fausto retrouve le goût de l’existence : la vie palpite à nouveau contre lui en la personne de Silvia dont le corps nu le révèle à lui-même. Dans ce décor que l’auteur apprivoise de livres en livres et où la roche surplombe les hommes et leurs peines de cœur, la félicité semble plus accessible qu’ailleurs. En épousant la nature, en moulant ses pas dans la pierre et en respirant les embruns de cristaux de neige, on parvient petit à petit à accepter ce qui nous arrive, à prendre ce qui s’offre à nous et à abandonner ce qui fuit, sans douleur, dans un mouvement immuable, celui des saisons, plus perceptible sur les hauteurs qu’ailleurs. Dans la grande roue du monde, l’homme, ballotté, insignifiante petite chose, mesure la fragilité de l’ego, sa vacuité surtout. Alors seulement il vit. Paolo Cognetti est un faiseur de miracles. De presque rien (quatre personnages, un décor), il raconte avec une simplicité désarmante ce qui se joue dans nos vies à l’aube des changements. Il émerveille par sa capacité à saisir la folle grandeur de ces entêtés qui gravissent les glaciers. Le Népal s’invite dans la trame des Alpes à la faveur d’un sherpa et les montagnes deviennent un tout uni. Un alpiniste disparaît, un couple fête sa lune de miel. « Le monde appartient à ceux qui s’en emparent. » Et si Cognetti n’écrivait que cela : emparez-vous du monde et de sa beauté avant de disparaître.

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