Chronique El Edén de Eduardo Antonio Parra

Jérémie Banel Librairie Libertalia (Montreuil)

Deux hommes, dans un bar, reviennent ensemble sur l’assaut féroce qui a ensanglanté quelques années auparavant la ville d’El Edén, leur ville. Ils y ont tout perdu ou presque : l’amour, la jeunesse, les illusions. Dans ce roman âpre et sombre, et à travers le labyrinthe de ces voix et de ces vies reconstituées de mémoire dans la torpeur de la bière, c’est le Mexique des narcotrafiquants qui se donne à lire, avec sa violence aveugle, ses drames et ses règlements de comptes meurtriers et sanglants. Mais c’est surtout un choc littéraire, tant la langue est habitée et porte en elle les voix de toutes celles et ceux qui tentent de survivre, malgré tout, dans ces zones meurtries. Il fallait bien une immersion hallucinée comme celle-ci, menée tambour battant, pour faire prendre corps à cette réalité aussi dure soit-elle. Et au final, célébrer la vie, l’amour qui battent partout et se fraient toujours une place, comme une réponse au chaos.

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