Chronique Il est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca Lighieri

Laurence Grivot Librairie Au moulin des lettres (Epinal)

La musique des années 1990 constitue la bande-son de ce roman magnifique, Marseille et ses quartiers dégradés son décor. Karel, le narrateur, forme, avec Hendricka et Mohand (le benjamin), une fratrie fracassée par un père violent, méprisant, alcoolique et drogué, et une mère soumise et névrosée. Si les deux aînés sont d’une beauté insolente, Mohand souffre de handicaps qui en font le bouc émissaire de la frustration permanente du père. Karel, incapable de défendre son frère, obligé d’assister à l’impitoyable curée, va développer un sentiment de dégoût de lui-même. Son amitié avec un jeune gitan, qui va l’introduire dans sa famille et sa culture, lui permet d'échapper à cette atmosphère oppressante. Ce roman délicat, rude et dramatique, nous fait tanguer entre cette famille dysfonctionnelle et la vie de Karel hors de cet enfer, faite de moments de bonheur intense qu’il arrache à pleines dents. Des personnages bouleversants, un roman solaire sur l'enfance meurtrie.

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