Chronique Alma de Timothée de Fombelle

Amélie Muller Librairie Récréalivres (Le Mans)

Chapeau général :
Cet été, peut-être plus qu’un autre, nous aurons besoin de nous évader dans les livres. Page vous invite à découvrir les premières lignes de la nouvelle trilogie de Timothée de Fombelle, Alma - Le vent se lève. Une aventure qui débute en 1786, en Afrique, sur les terres secrètes où vivent les derniers Okos.
 

Chapeau de l'article :
En langue oko, Alma signifie « liberté ». C’est dans les pas de cette jeune fille de 13 ans au regard fier, armée de son arc, que Timothée de Fombelle nous invite à plonger. Entre aventure et légende, l’histoire d’Alma et de sa famille nous entraîne sur les traces des vestiges de l’esclavage.

 

Du peuple Oko ne reste que la famille d’Alma, qui vit à l’abri sur des terres reculées d’Afrique. Pour faire rêver Lam, son petit frère, Alma invente un monde au-delà de leur vallée. Irrésistiblement attiré par l’inconnu, Lam disparaît. Alma part à sa recherche. « Peu à peu, depuis des semaines, le regard d’Alma a commencé à changer. Elle croyait que sa vallée contenait l’univers entier. Elle comprend que ses souvenirs étaient à l’échelle de sa taille d’enfant. Le monde qu’elle découvre n’a pas de fin et l’horizon recule à chaque fois qu’elle avance. » La réalité de l’autre monde est plus terrible : c’est celle du commerce des esclaves. Mosi, leur père, découvrant la disparition des deux enfants, quitte à son tour la vallée pour les retrouver. Il connaît, lui, le danger qui les menace. Pendant ce temps, en Europe, Joseph Mars embarque clandestinement sur «°La Douce Amélie°», un navire négrier en partance pour l’Afrique. Il est à la recherche d’un trésor. Dans ces quêtes, les routes des uns et des autres ne cesseront de se croiser. Alma a le souffle des grandes épopées dont Timothée de Fombelle a le secret. Rares sont les écrivains pour la jeunesse à insuffler autant d’ampleur à leurs intrigues, autant de profondeur romanesque à leurs personnages. L’écriture happe, embarque, dépayse, créant une atmosphère unique, mélange de conte et de roman d’aventure. Dans ce premier volet, l’auteur plante les décors et tisse les premiers fils qui relieront les personnages à Alma. À la froideur du capitaine Gardel, avide d’or et prêt à entasser toujours plus de captifs dans les cambuses pour les vendre à Saint-Domingue (ils seront 550 à bord), il oppose des esprits libres : Alma, bien sûr, « une liberté imprenable » ; Joseph, qui poursuit son but sans se laisser intimider par Gardel. Nao, la mère d’Alma, dont la voix sera celle de tout un peuple. Mais aussi, très loin de là, à La Rochelle, Amélie Bassac, fille de l’armateur du navire qui porte son nom, dont la vie sans remous va brutalement basculer. Comme souvent chez Timothée de Fombelle, Alma convoque les sensations du lecteur. C’est une aventure folle, dangereuse, mouvementée, à la puissance d’évocation fabuleuse : la nature, hostile ou protectrice, les parfums, le mal de mer et le vertige, le craquement du bois du ponton, le chant des esclaves et leurs souvenirs... « Rappelle-toi les temps heureux. Ta mémoire est ton grenier. Elle te gardera vivante. » Les illustrations en noir et blanc de François Place achèvent de parfaire le voyage, tantôt dans les terres africaines, tantôt à bord de «°La Douce Amélie°». Le deuxième volet de la trilogie paraîtra en 2021, mais nul besoin d’attendre car la magie opère dès les premières pages de cette grande fresque historique et aventureuse.
 

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